Tout et rien
Par Teo De Alma le jeudi, mars 1 2007, 22:08 - Petite enfance - Lien permanent
Quand nous naissons nous sommes une feuille de papier vierge, mais nous n'en avons pas conscience, nous ne savons pas encore que nous sommes le centre de l'univers et non que l'univers est nous.Il y a bien des bouts de nous qui bougent devant nos yeux en émettant des sons difformes: "aeuh aeuh aeuh i gné oli e oli éé"
Non je déconne, j'ai supprimé les consonnes pour faire style incompréhensible parcequ'un bébé quoi que vous disiez ne comprendra jamais rien de tout votre charabia mais comme il est poli il ne vous en tiendra jamais rigueur par contre, il est capable de différencier exactement toutes les sonorités qu'un appareil vocal humain est capable d'émettre, c'est grâce à cette faculté hors du commun de mimétisme qu'un bébé apprendra sa langue maternelle.
Il est difficile de prendre conscience de soi quand soi est tout et tout est soi.
Il parait que nous connaissons une chose quand nous pouvons lui donner un nom, cela prouve parait il que nous nous en faisons une représentation mentale.
Mais ça, à 2 mois, je ne le savais pas encore, maintenant je sais une chose, c'est que tout apprentissage est destiné à nous éloigner du tout et à nous rapprocher du rien.
Au commencement nous étions tout et plus nous avançons dans la vie nous nous apercevons que nous ne sommes rien. Je veux dire, rien, ce n'est pas péjoratif, j'aurais pu dire à peine à la place de rien, mais j'ai une tendance histrionique à tout exagérer en permanence.
Moi, je m'appelle Teo, enfin, je ne m'appelle jamais, ce sont les autres qui le font, d'ailleurs actuellement, je suis allongé dans mon berceau avec un bout de moi-maman au dessus de mon bout de moi-berceau, j'entends assez souvent ce nom, à vrai dire ça sonne pas trop mal Teo.

Commentaires
Je ne suis pas sûr que l'on connaisse quelque chose seulement à partir du moment où on lui met un nom.
En effet, comme me le rappelle Alain dans "éléments de philosophie'" le simple fait de percevoir la profondeur de l'espace c'est avoir déja donné une forme à la matière brute de nos sensations (même si ce dernier concept n'est sans doute qu'une abstraction).
L'horizon de la vision implique le mouvement qui permet d'y parvenir et éventuellement les objets qui lui font obstacle.
Or dès qu'il y a objet, je suppose qu'il y a déja une fissure dans le tout. Et je crois bien que cette fissure se fait avant l'aquisition des mots, sauf à supposer que la forme que l'on donne à nos perceptions est déja une forme de language et de grammaire intuitive.
Et si tu est papa, je te félicite...
J'avais écris un truc sur la naissance ... si jamais ça te parle. [http://pegasus.over-blog.com/article-1247479.html|Essence de la naissance]
Oui tu as raison, mais nous croyons le connaitre, donner un nom c'est prendre possession de l'objet.
Nous avons pris possession du nouveau monde, nous lui avons donné un nom, il ne pouvait pas en avoir puisque nous ne le connaissions pas !
Et non je ne suis pas encore papa, mais merci pour tes félicitations, je relirai ton commentaire quand je le serais
Je me souviens d'un film avec Xavier Deluc, "la brute " je crois où le type est aveugle, sourd et muet...
je crois qu'on peut donner un nom à tout ce que l'on touche par l'un de nos sens
je crois que l'on donne un sens qu'à ce qu'on connait
je crois que l'on ne connait véritablement quelquechose que si on peut lui donner un nom
je crois qu'on ne peut donner de nom qu'à ce qu'on connait
je crois qu'on ne peut connaître le nom d'une chose que si on lui en donne un...
Comme disait le pistolero : " tu ne dois pas oublier le visage de ton père"
Le bout d'autre chose / papa n'est pas encore apparu, comment pourrais-je le nommer?