Mariage
Par Teo De Alma le dimanche, juillet 22 2007, 17:25 - Marié - Lien permanent
La vie est bizarre, on croit la connaitre puis un évènement survient que l'on avait pas prévu et qui chamboule tout.
Ma vie était tracée comme sur des rails et puis tout bascule pour le meilleur et pour le pire.
Le pire des cauchemars pour l'usurpateur que je suis est le mariage, pas Le mariage, ou les mariages, je suis sûr qu'il y en a des heureux, je parle du mien.
Il a commencé par un suicide et a fini sept ans plus tard dans une clinique psychiatrique, une maison de repos comme on l'appelle pudiquement. Je ne sais pas si j'ai voulu attenter à mes jours, peut être dans la démarche mais pas dans les faits, c'était plutôt un chantage, même pas, une fatigue excessive, une renonciation, un appel à l'aide alors que rien n'avait encore commencé. La fureur s'était déjà déclenchée et j'en étais prisonnier.
Tout avait commencé par un message d'une inconnue sur internet
par le biais d'une messagerie instantanée, je ne me souviens plus ce
qu'avait été notre discussion de l'époque. C'était une nana un peu
perdue qui cherchait à communiquer tout simplement. Elle était
étrangère, étudiante à Paris, elle avait voulu changer sa vie, quitter
son pays, fuir son père, pour redevenir ailleurs.
Elle aurait du
savoir qu'on ne change jamais nulle part qu'on aille, c'est un mirage
qu'elle poursuivait, elle pensait que ses malheurs venait des autres
alors qu'elle en était seule responsable, oh bien sûr cela n'était pas
aussi simple mais rien n'a jamais été simple avec elle.
J'ai eu de la chance, je n'ai pas eu à tuer, il s'en est fallu de peu ou de loin, je ne saurais jamais.
J'avais trois choix, partir, la tuer ou bien me tuer. Je suis resté années après années, puis j'ai réussi à partir. On ne le fait jamais seul, on ne se rends plus compte, on est enfermé dans une spirale destructrice et l'esprit n'est plus assez lucide pour voir le monde du dehors.
Quand on est un usurpateur on trompe son monde, mais là j'étais seul avec moi même, acculé dans un coin sans issue, personne a qui parler demander de l'aide, il fallait que les ressources pour me sortir de cette situation, je les trouve en moi et pour cela il ne fallait plus se mentir, il fallait se regarder en face, entamer un dialogue schizophrénique avec soi même, enfin, plutôt jouer l'arbitre entre celui que je croyais être et celui que j'étais vraiment.
J'étais pris dans une guerre psychologique intense à quatre, celle avec qui je vivais, celui que j'étais, celui que je deviendrais, celui que je suis, mais nous n'étions pas que quatre, il y avait de nombreux fantômes, ma mère, la sienne, son père, ses ex, mes amis, surtout mes amies d'ailleurs, mes collègues féminines qui la rendait hystérique de jalousie. Jalousie mal placée il faut dire, je ne l'ai jamais trompée, ça m'aurait sans doute fait du bien pourtant mais je ne suis pas comme ça.
Je me rappelle du premier repas entre amis aprés qu'elle soit arrivée, il y avait cette collègue de travail qui avait eut l'outrecuidance de sortir de table aprés le dessert pour fumer sa cigarette sur le balcon, ça ne se faisait pas madame, qu'elle impolitesse, quand on est invitée, on reste à sa place et on ne bouge pas, et puis, cette tenue de catin, transparente qui laissait voir un bustier noir indécent, non, non madame, ça ne se fait encore moins d'essayer de séduire le petit amis de l'hotesse de maison, cette garce avait tout manigancée madame, elle jouait un jeu, ça elle le voyait bien.
Premier rendez-vous avec la paranoïa qui n'allait qu'empirer. Le soir même aprés le départ, histérie, toute ma vaisselle est étalée par terre, des yeux fous vocifèrent, le ton monte, prise de bec, non hurlements, explications tardives, jusqu'à 4 heure du matin, sans discontinuer, de la haine, de la folie. J'essaye d'expliquer, quoi ? je ne sais plus, il n'y avait pourtant rien à expliquer, le repas s'était déroulé normalement, comme d'habitude, nous étions quatre, ma future femme et moi, un ami et sa compagne, deux couples sans ambiguités.
Pourtant ce soir là, fatigué excédé par cette folie furieuse, j'avale des cachets, oh pas énormément, juste la dose pour que je sois sûr de m'endormir rapidement malgrè les cris et les coups de pieds dans le lit, ça c'est quelque chose que je n'ai jamais supporté, dormir à côté de quelqu'un qui de nuits sur trois frappe sans discontinué des pieds sur le lit jusqu'à l'endormissement.
Et puis je me suis endormie, je ne me suis pas réveillé le lendemain, ou plutôt si, j'étais lucide mais je n'avais pas envie de bouger, je savais que j'avais rendez-vous avec un client mais je n'ai pas voulu me lever. Alors mon ami et en même temps collègue est venu voir ce qu'il se passait, je n'ai pas réagis, je ne voulais pas réagir, mes patrons sont arrivés, le docteur a été appelé, toujours pas de réaction, je me rappelle de cette lumière qu'elle promenait sur les yeux, je ne sais pas ce qu'elle y a vu, puis les pompiers qui m'ont amené à l'hôpital, et puis là je ne sais plus trop, je ne me rappelle plus. Je suis arrivé dans ma chambre d'hôpital je ne saurais dire lequel. Les fenêtres étaient scellées, précaution. J'y suis resté une semaine, puis cela à recommencé.
Tout cela c'était avant le mariage, qui a été annulé une première fois puis reprogrammé, la famille n'a je crois rien su, en fait, je ne pouvais pas reculer, tout le monde était déjà invité.
Il fallait faire bouger les lignes, on ne pouvait plus rester dans cet état de guerre, on ne pouvait plus subir et subir à longueur de journée, nous n'étions qu'un objet manipulé.

Commentaires
te
" Huit ans aprés, j'ai appris, personne ne peut résoudre les problêmes à ta place [...] tu n'es plus un enfant désormais [...] on n'aurait jamais pu imaginer [...] peut être même tuer pour ne pas se faire tuer. "
oui...
"Il fallait faire bouger les lignes..."
trop d'écho, pour parler...
il n'y a rien de pire qu'un homme seul, au milieu de son entourage.
pas d'ecoute, pas de soutien, une guerre pshycologique contre l'autre... mais a qui se confier, qui peut entendre, personne assez objectif pour comprendre.
comme dit niklaus: (...) personne ne peut résoudre à ta place (...)
difficile situation, c'est aussi une guerre et des luttes interieures.